Depuis hier, jour du remaniement, nous assistons au déchaînement des centristes devant la composition du gouvernement Fillon IV. Certains parlent de "retour à l'état RPR", d'autres parlent carrément de "faute politique" de la part du Président de la République.
Ces critiques et ce débat autour de la place du centre m'ont poussé à relire un article (article en copie ci-dessous) paru en 2006 sur le clivage gauche-droite et sur sa pertinence au XXIème siècle. Après cette relecture, je me dis que l'histoire politique se répète et que notre pays avance finalement peu dans ses débats philosophiques.
Lors de la présidentielle de 2007, le centre s'était aussi élevé contre le bipartisme, contre le PS, contre l'UMP. Il fallait l'émergence d'une troisième voie, la disparition du bipartisme et surtout la fin du clivage gauche-droite soit-disant responsable du mal français. Force est de constater que les français ont une fois de plus choisi le clivage lors de cette élection à ceux ménagant la "chèvre et le choux".
Le Président de la République, immense stratège politique (rappelons qu'il a été l'un des Présidents les mieux élus et du premier coup), connaît parfaitement cette constante politique. Il sait que pour gagner, il faut, et certains ne pourront pas le supporter, cliver. Lors d'une présidentielle, les français se prononcent pour des valeurs morales (la sécurité, l'autorité de l'état plutôt que le relativisme culturel), pour des orientations économiques (la rigueur budgétaire plutôt qu'un état "nounou" avec des hausses d'impôts) , ces choix sont forcément liés à une conception de la politique de droite ou de gauche.
La nouvelle équipe gouvernementale est donc une équipe de combat pour tenter de faire gagner la droite en 2012 ! Je soutiens cette équipe emmenée par François Fillon à 100% et réitère mon soutien indéfectible au Président de la République !
Droite-gauche : un débat vif pour un clivage net (Figaro Magasine 11/03/2006)
«En apparence, le clivage droite-gauche semble avoir pris un sacré coup dans l'aile. Chaque camp a perdu son fonds de commerce : la révolution pour la gauche, et les traditions à conserver pour la droite.» C'est sur ces mots lapidaires et ironiques que le penseur Marcel Gauchet a lancé le débat de Génération d'idées, association de trentenaires et quadras (dont Le Figaro Magazine est partenaire) sur la pertinence du clivage droite-gauche. Le parlementaire européen Benoît Hamon, l'un des trentenaires les plus prometteurs du PS, a aussitôt réagi : le clivage reste entier, ce n'est que sa représentation qui est en crise : «La confusion naît de la confusion des mots. La droite réussit à faire croire qu'elle incarne l'idée de mouvement en nous faisant passer pour des socio-conservateurs. D'où le flou», a-t-il plaidé. Riposte du délégué national des Jeunes populaires (UMP), Pierre-Henry Pouchelon : «Il n'y a pas de flou. L'opposition idéologique en France est d'autant plus forte que nous avons à faire face à la gauche la plus archaïque d'Europe. Dès lors, il nous revient d'être à droite, sans honte ni complexes.»
Face à ces deux compères qui, sous une opposition apparente, se retrouvaient au fond dans le même discours de confrontation idéologique, le jeune patron des UDF, Jean-Yves de Chaisemartin, jouait les trouble-fête. «Il faut en finir avec l'archaïsme droite-gauche et aujourd'hui gouverner en termes de projets, en associant des personnalités des deux sensibilités.» Le journaliste Gérard Leclerc l'interpelle : «La démocratie fonctionne sur l'alternance. Imaginons un gouvernement de coalition droite-gauche qui se plante. Quelle autre alternance possible alors, sinon celle de l'extrême gauche ou de l'extrême droite ?» Le jeune patron des Jeunesses socialistes, Antoine Détourné, 25 ans et petites lunettes ovales, renchérit : «L'étiquette droite-gauche nous épargne la tentation d'autres clivages. Ethniques, sociaux, communautaristes, religieux...» Dans une réunion de plus en plus houleuse, drôle aussi, car les rires fusent souvent, le débat s'installe dans le public. La ligne de partage entre droite et gauche se crée parmi l'assistance. «Deux visions du monde s'affrontent, sans cesse», glisse Gérard Leclerc. Trente-cinq heures, violence, problèmes sociaux, rémunération du capital, précarité, bus incendiés, immigration... On chuchote, on se chamaille, on s'affronte, on s'interpelle. «L'opposition entre droite et gauche est en bonne santé, s'amuse Marcel Gauchet. D'ailleurs, c'est nous qui l'avons exportée dans le monde entier. Un bon produit en somme...»


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