Le thème cette année était le suivant: "étrangeté du monde, mode d'emploi".
Le thème d'inspiration freudienne voulait engager une discussion sur le nouveau monde socio-politico-économique post-crise et drogué aux "iPhone, twiter, facebook,...".
Pour parler de cette thématique des intervenants du monde de l'entreprise, du monde politique, des journalistes, des internautes et des institutionnels (AMF, OMC, OIT...) se sont succédés aux différents ateliers et en plénière.
Deux débats ont retenu toute mon attention, le premier sur "les mots qui fâchent: climat, rigueur, bonus, traders..", le second sur "l'émergence des nouvelles autorités".
De manière très synthétique que ressort t'il de ces débats?
La crise a mis sur un piédestal le politique et personne n'a dénigré la gestion de la crise par le gouvernement français bien au contraire. La volonté du Président Sarkozy de supprimer le G8 pour faire émerger le G20 a d'ailleurs été saluée et applaudie à plusieurs reprises.
Néanmoins l'ère post-crise s'annonce plus conflictuelle entre les entreprises trop pressurisées, les politiques trop interventionnistes après la crise et les régulateurs trop nombreux et désorganisés en Europe.
Nous avons donc assisté à de vraies divergences entre grands patrons et politiques, régulateurs.
Les politiques ont été sommés rapidement:
1) "d'arbitrer entre le risque et la croissance" selon H. De Castries d'AXA. Le PDG d'AXA a dénoncé une nouvelle fois la directive européenne Solvabilité2 (pour les compagnies d'assurance) qui selon lui va transférer l'épargne des français vers des placements obligataires au détriment des placements en actions et donc de la croissance des entreprises;
2) d'organiser l'Europe et la régulation au niveau européen pour avoir "un seul interlocuteur chargé de l'euro et un seul régulateur de la zone euro" (JP Jouyet AMF);
3) "de lutter contre les déficits publics" pour le PDG de la Société Générale, priorité de tous les instants pour pouvoir conserver des taux d'intérêt bas et donc une dette pas trop chère...
4) de redonner du sens, des valeurs dans un monde médiatique du buzz, en perte de repères et en voie de dématérialisation totale. H de Castries (AXA) a cité Paul Valery pour résumer le buzz actuel "tout ce qui est compliqué est inutilisable".
Les politiques ont ensuite été priés de ne pas se prévaloir du "monopole de l'intérêt général" formule de Pierre Bellon (PDG Sodexo) qui estime que les entreprises sont créatrices de richesses et d'emplois et participent donc aussi à l'intérêt général de la France. "Messieurs les politiques, vous vivez grace à nous!" leur a t'il lancé de manière volontairement provocatrice.
Ces universités d'été 2010 étaient donc très politiques, dans les couloirs beaucoup parlaient de la présidentielle de 2012.
À n'en pas douter on réentendra parler de ces débats structurants pour le pays dans les mois à venir.


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